9 septembre 2025
La posture en ostéopathie.
La posture correspond à l’organisation spatiale du corps, aussi bien en statique (position debout ou assise prolongée) qu’en dynamique (mouvements et adaptations).
En ostéopathie elle est un indicateur majeur de l’équilibre global. Elle permet d’évaluer :
· Les chaines musculaires
· La mobilité articulaire
· Le rôle des différents systèmes du corps (viscéral, fascial, nerveux…)
Des déséquilibres posturaux chroniques sont souvent associés à des troubles musculosquelettiques. U ne étude de 2024 réalisée sur la population des aides à domicile, chaque augmentation de seulement 5 minutes dans une posture contraignante (flexion lombaire, élévation des bras) est associée à une hausse de la douleur allant jusqu’à 20 %, mesurée objectivement via accéléromètre[1].
Aujourd’hui, de nouveaux outils comme les plateformes de force ou les capteurs de mouvement (Kinvent, IMU) permettent de relier l’observation clinique à des données mesurables, améliorant ainsi la précision du bilan postural. Cela permet de la clarté et une meilleure compréhension entre le patient et le praticien. De plus ces outils facilitent la communication inter-praticiens.
La posture est une approche pluridisciplinaire.
La posture est le fruit d’une intégration multisensorielle (vue, oreille interne, proprioception) et d’un ajustement musculosquelettique. C’est pourquoi sa prise en charge est souvent pluridisciplinaire.
Ostéopathe : vision globale, coordination des contraintes mécaniques et viscérales.
Kinésithérapeute : rééducation musculaire et proprioceptive.
Podologue : correction des appuis plantaires grâce aux semelles orthopédiques[2].
Orthodontiste et dentiste : Une revue récente sur les enfants montre que les troubles de l’occlusion (malocclusion, TMD, bruxisme) sont associés à des altérations posturales, soulignant la nécessité d’une démarche pluridisciplinaire[3].
Psychomotricien : régulation tonique et motricité globale.
Toutes les sphères de la santé sont à comprendre dans la posture, chaque patient a des besoins différents et chaque praticien doit savoir s’entourer d’autres acteurs de la santé pour avoir une prise en charge globale et avec des résultats tangibles pour le patient. Cette prise en charge à multiples regard met en évidence que la posture est aussi un reflet de l’état intérieur du patient.
Posture et psychologie : un effet miroir.
Une posture fermée est souvent liée à une baisse d’énergie ou de moral. À l’inverse, une posture ouverte améliore la confiance en soi et le ressenti émotionnel[4] (Peper & Lin, 2012).
Même si les effets exacts sont encore débattus scientifiquement, ces liens rappellent que le corps et l’esprit sont indissociables.
Posture, sport, vieillissement et prévention des TMS.
La posture influence la performance sportive, le vieillissement actif et la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) :
Chez le sportif : une posture optimisée améliore l’efficacité du geste et limite les blessures[5].
Chez les seniors : une bonne posture favorise l’équilibre et réduit le risque de chutes[6].
En entreprise : une posture inadaptée est un facteur reconnu de TMS, responsables de douleurs chroniques et d’arrêts de travail[7].
Dans le milieu hospitalier : chez les anesthésistes, chaque posture contraignante (tête penchée, mouvement répétitif) multiplie par 3,5 le risque de troubles musculosquelettiques[8].
Existe-t-il vraiment une « bonne posture » ?
On imagine souvent qu’il existe une posture parfaite à adopter en toutes circonstances. En réalité, c’est un mythe :
Il est impossible (et inutile) de tenir une posture « idéale » toute la journée.
Le vrai facteur protecteur, c’est le mouvement.
Comme le rappelle le spécialiste Peter O’Sullivan[9] : « There is no single ideal posture. The best posture is your next posture. » (O’Sullivan, 2012).
Autrement dit : la meilleure posture, c’est la prochaine !
Conclusion : la posture, levier de santé globale.
La posture n’est pas un simple alignement du corps : elle est vivante, adaptable et multidimensionnelle. L’ostéopathie offre une lecture précieuse de cet équilibre, mais sa prise en charge nécessite un travail d’équipe pluridisciplinaire.
Plutôt que de viser la perfection posturale, il s’agit de cultiver le mouvement et la variabilité pour préserver son corps sur le long terme.
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[1] Karstad, K., Skarpsno, E. S., Christensen, J. O., de Vries, H. J., Heggenes, J., & Holtermann, A. (2024). Exposure–response associations between objectively measured time in physical work demands and musculoskeletal pain among home care workers: A cross-sectional study. International Archives of Occupational and Environmental Health, 97(3), 473–484. https://doi.org/10.1007/s00420-024-02194-2
[2] Bates, N. A., Myer, G. D., Shearn, J. T., Hewett, T. E., & Ford, K. R. (2020). The effects of foot orthoses on dynamic postural stability: A systematic review. Journal of Foot and Ankle Research, 13(1), 16. https://doi.org/10.1186/s13047-020-0384-8
[3] Collebrusco, L., & Mazzoni, A. (2022). Correlation between the stomatognathic system and body posture in childhood: A review of the literature. Journal of Advanced Health Care, 4(1). https://doi.org/10.36017/jahc202241173
[4] Peper, E., & Lin, I. M. (2012). Increase or decrease depression: How postures affect moods. Biofeedback, 40(3), 125–130. https://doi.org/10.5298/1081-5937-40.3.02
[5] Zemková, E., & Hamar, D. (2014). Postural stability and sport performance. Sports Medicine, 44(5), 671–681. https://doi.org/10.1007/s40279-014-0157-2
[6] Granacher, U., Gollhofer, A., Hortobágyi, T., Kressig, R. W., & Muehlbauer, T. (2013). The importance of trunk muscle strength for balance, functional performance, and fall prevention in seniors: A systematic review. Ageing Research Reviews, 12(2), 381–389. https://doi.org/10.1016/j.arr.2012.10.001
[7] Punnett, L., & Wegman, D. H. (2004). Work-Related Musculoskeletal Disorders: The Epidemiologic Evidence and the Debate. Journal of Electromyography & Kinesiology, 14(1), 13–23. DOI: 10.1016/j.jelekin.2003.09.015.
[8] Fouad, A. M., Fahim, A. E., Bedewy, A. A., Al-Touny, A., & Al-Touny, S. A. (2024). Work-related musculoskeletal complaints and ergonomic risk factors among Egyptian anesthesiologists: A cross-sectional study. BMC Public Health, 24, Article 279. https://doi.org/10.1186/s12889-024-17757-x
[9] O’Sullivan, P. (2012). It’s time for change with the management of non-specific chronic low back pain. Manual Therapy, 17(5), 343–347. https://doi.org/10.1016/j.math.2012.07.005
