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20/10/2025

L'énergie d'une séance d'ostéopathie : mythe ou réalité ?

Dans le langage ostéopathique, il est fréquent d'entendre que "le corps doit avoir de l'énergie pour intégrer la séance". Phrase maintes fois répétée mais quel est son fondement scientifique ?


Si la littérature scientifique ne parle pas d’« énergie vitale », plusieurs travaux récents montrent que le corps engage bel et bien des processus physiologiques mesurables pour s’adapter après une séance.


  1. Une séance comme stimulus d’adaptation


Chaque séance d’ostéopathie sollicite le système nerveux, hormonal et mécanique.Les manipulations génèrent une cascade d’informations sensorielles que le cerveau doit analyser pour rétablir un équilibre global.

Cette réorganisation interne — qu’elle concerne la posture, la respiration ou les tissus viscéraux — correspond à un travail métabolique réel.Le corps puise alors dans ses réserves d’énergie pour ajuster, relâcher, ou stabiliser les tissus.


  1. Les preuves physiologiques indirectes


Aucune étude n’a mesuré directement la “quantité d’énergie” utilisée pendant ou après une séance. En revanche, plusieurs marqueurs physiologiques apportent des indices solides.


  • La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC).

La VFC reflète l’équilibre entre les systèmes sympathique et parasympathique. Plusieurs études montrent qu’une séance d’ostéopathie peut augmenter le tonus vagal — donc favoriser la détente et la récupération.

Cette modulation neurovégétative traduit une mobilisation de ressources internes : le corps passe d’un mode « action / stress » à un mode « régénération ».


  • Les marqueurs hormonaux et inflammatoires.

Certaines études explorent la réponse hormonale et immunitaire à la suite d’un traitement manuel.

Une baisse du cortisol, l’hormone du stress, a été observée après des séances manuelles bien conduites.

D’autres montrent une modulation de l’IL-6, cytokine pro-inflammatoire impliquée dans la fatigue et la douleur.

Ces variations biochimiques nécessitent une réorganisation métabolique, donc une dépense énergétique à l’échelle cellulaire.


  • Les ajustements neuromusculaires et perceptifs.

Les séances influencent aussi la proprioception et le schéma corporel. Des travaux en neuroimagerie ont mis en évidence une restructuration de l’activité du cortex somatosensoriel après traitement ostéopathique.

Cette plasticité cérébrale, bien que positive, demande de l’énergie métabolique importante pour réactualiser les cartes sensorielles et posturales.


  1. Pourquoi la fatigue limite l’effet d’une séance


Si un patient arrive épuisé, ses capacités d'adaptation sont moindres il y a un risque que la séance donne trop d'informations à gerer au système nerveux, le patient peut ressortir avec parfois encore plus de douleur et les garder plusieurs jours.


Conclusion ?


Une séance d'ostéopathie ne "consomme" pas d'énergie mais mobilise les ressources du corps :

  • régulation du système nerveux autonome

  • modulation hormonale

  • plasticité sensorielle

  • ajustement postural

Ce processus demande de la vitalité ce qui explique pourquoi lors d'une période d'extrême fatigue, il faut parfois mieux attendre un peu ! C'est aussi le rôle de l'ostéopathe de savoir ajuster son traitement ou simplement proposer au patient de remettre la séance à une autre fois.

L'énergie d'une séance d'ostéopathie : mythe ou réalité ?

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