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25 février 2026

L’entorse de cheville : comprendre, traiter, récupérer durablement

L’entorse de cheville correspond à une lésion ligamentaire provoquée par un mouvement au delà des limites de l’articulation, le plus souvent en inversion (le pied part vers l’intérieur). Elle touche majoritairement le ligament latéral externe, en particulier le faisceau talo-fibulaire antérieur.


C’est une blessure fréquente, mais mal prise en charge, elle peut entraîner une instabilité chronique, des douleurs persistantes et récidives.


Les différents stades d’entorse :

Stade

Lésion ligamentaire

Symptômes principaux

Traitement principal

Grade 1 : étirement

Micro-lésions sans rupture

Douleur modérée,

peu de gonflement, marche possible

Mobilisation douce, compression, reprise rapide de l’appui

Grade 2 : rupture partielle

Déchirure partielle du ligament

Douleur importante, œdème, boiterie

Protection, contention, rééducation progressive

Grade 3 : rupture complète

Rupture ligamentaire totale

Instabilité, gonflement massif, appui impossible

Immobilisation courte, puis rééducation longue (rarement chirurgie)

 

 

Les grandes phases de traitement.

Aujourd’hui, on s’éloigne du protocole RICE (Rest Ice Compression Elevation) pour aller vers une prise en charge plus active.


Les recommandations récentes (notamment issues du British Journal of Sports Medicine) privilégient le principe : POLICE


  • Protection

  • Optimal Loading (mise en charge adaptée)

  • Ice (facultatif)

  • Compression

  • Elévation


L’idée clé est que le mouvement contrôlé favorise la cicatrisation ligamentaire.

 

Traitement selon les stades

Grade 1

  • Objectif : éviter la raideur et stimuler la cicatrisation

  • Appui autorisé rapidement

  • Exercices actifs précoces

  • Travail proprioceptif léger

  • Mobilisation ostéopathique possible

  •  La récupération est souvent rapide .

 

Grade 2

  • Objectif : protéger sans figer

  • Chevillère ou strapping 2 à 4 semaines (à posé au moins une première fois avec un kinésithérapeute).

  • Mise en charge progressive

  • Rééducation proprioceptive indispensable

  • Travail musculaire des fibulaires

  •  La récupération complète demande souvent 4 à 8 semaines.

 

Grade 3

  • Objectif : restaurer la stabilité

  • Immobilisation courte (10–15 jours)

  • Rééducation longue et progressive

  • Travail moteur et sensoriel important

  • Chirurgie rare, réservée aux instabilités persistantes

  •  Récupération souvent > 3 mois.

 

Glacer et immobiliser vs bouger et chauffer : que dit la science ?

 

1) Glacer et immobiliser : effets réels


La glace :

✔ diminue la douleur

✔ réduit l’œdème initia

✔ peut limiter l’inflammation excessive


Mais :


✖ elle peut ralentir certaines phases de cicatrisation

✖ elle ne « reconstruit » pas le ligament plus vite

✖ immobiliser trop longtemps augmente le risque de faiblesse ligamentaire


Les recommandations actuelles (soutenues par la Haute Autorité de Santé) sont claires :

 immobilisation courte oui, immobilisation prolongée non.

 

2) Bouger et chauffer : effets réels


Le mouvement contrôlé :

✔ stimule l’orientation des fibres ligamentaires

✔ favorise la vascularisation

✔ réduit la raideur

✔ améliore la récupération fonctionnelle


Mais :


✖ trop tôt ou trop fort → risque d’aggraver la lésion

✖ chaleur précoce → peut majorer l’œdème initial

 

Le mouvement est bénéfique s’il est progressif et dosé.


NB : Une immobilisation prolongée donne un ligament moins bien organisé face aux contraintes mécaniques, donc fragile au retour au mouvement. Le mouvement contrôlé accélère généralement la récupération fonctionnelle et diminue les récidives.

Ce n’est pas plus long mais c’est plus efficace à long terme.


 Qui consulter ?

Le médecin :

  • pour poser le diagnostic et prescrire les examens complémentaires si besoin.

  • prescrire ou non un arrêt de travail ou sportif

  • orienter vers la rééducation.


Les recommandations de prise en charge reposent sur les criètes d'Ottawa et de la HAS.


Le kinésithérapeute :

  • indispensable pour les grades 2 ou 3, conseillé pour le grade 1.

  • instabilité persistante,

  • reprise du sport


Le podologue :

  • si entorses à répétitions

  • troubles de l'appuis ou de la posture,

  • sports avec impacts répétés.


L'ostéopathe :

  • en complément du suivi médical,

  • pour restaurer la mobilité globale du pied et de la cheville.

  • éviter les compensations (genou, bassin, dos).


L'ostéopathie s'inscrit surtout dans la phase fonctionnelle et la préventions des récidives.


L’entorse de cheville : comprendre, traiter, récupérer durablement.

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